Laura Beloff, Erich Berger, Martin Pichlmair

Laura Beloff produit des objets portables étranges, adaptables à même le corps, des structures programmées et participatives, des installations en réseau. Elle combine dans ses pièces des technologies courantes avec un vaste panel de médiums allant de la vidéo au textile, du son au matériaux organiques. Son travail, mené en constante collaboration avec des scientifiques et d’autres artistes, interroge les relations entre les individus et la société globalisée, leurs stratégies d’adaptation à un monde chargé de technologies complexes, de plus en plus mobile.
[http://www.saunalahti.fi/~off/off/]
Initialement ingénieur en électronique et en communication, Erich Berger travaille en tant qu’artiste depuis le milieu des années 90. Il s’intéresse aux processus d’information et aux structures de feedback qu’il questionne par l’installation, la performance, des situations, des interfaces. Il a collaboré et dirigé de nombreux projets dont Making Sense (2004-2005), programme d’enseignement et de recherche portant sur l’informatique physique et Interface & Society (2006), qui explorait, par la notion d’interface électronique, la transformation de la vie quotidienne par les pratiques et les stratégies artistiques.
[http://www.randomseed.org/]
Martin Pichlmair est artiste et théoricien des médias. Son travail questionne essentiellement la théorie et la pratique de l’art et du design interactif, depuis le design de jeux et les interfaces physiques jusqu’au développement de modèles open source et de média collaboratifs.
[http://www.altdevblogaday.com/author/martin-pichlmair/]

Seven Miles Boots, 2003-2004

Laura Beloff, Erich Berger, Martin Pichlmair, Seven Miles Boots,  Boots in Use, Oslo Source :[http://randomseed.org/sevenmileboots/]

Laura Beloff, Erich Berger, Martin Pichlmair, Seven Miles Boots, Boots in Use, Oslo Source :[http://randomseed.org/sevenmileboots/]

Les bottes de sept lieues permettent, dans le conte du même nom, à son possesseur de parcourir sept lieues en un seul pas. À moindre effort, leur porteur peut traverser un pays, être présent où bon lui semble et devenir un flâneur cosmopolite dans un monde qui fait rue.
The Seven-mile-boots se situe au point d’articulation du phénomène socio-technique du chat, qui produit un flux ininterrompu de communication en ligne, et de la figure du flâneur.
La part tangible de la pièce consiste en une paire de bottes, qui peuvent être portées. Les bottes ont deux modes différents : marcher dans le réseau et être dans/écouter/observer l’activité du chat. Le choix formel de la paire de bottes évoque la marche en tant que modalité première du déplacement, et désacralise l’objet technologique en l’intégrant dans un objet quotidien dont l’usage familier ne fait appel ni à des compétences ni à une culture spécifique.
Après avoir été enfilées, les bottes commencent à chercher des canaux actifs. Les canaux peuvent être sélectionnés en fonction de leur activité et de leurs sujet. Quand l’usager se déplace, il peut entendre l’activité des chatrooms qu’il traverse. La technologie embarquée dans The Seven-mile-boots lui permet de fonctionner dans n’importe quel lieu équipé d’un réseau sans fil ouvert.
The seven-mile-boots peuvent être pensées comme une extension du corps de l’usager, une orthèse perceptive qui capte l’ordinaire, les activités quotidiennes et les désirs des millions d’individus qui communiquent sur les chats. Leur porteur agit comme un flâneur/voyeur qui attend de la foule qu’elle lui prodigue son prochain spectacle. Comme dans la rue ou dans un espace de réunion, il passe d’une conversation à l’autre s’il se déplace, et peut entendre plusieurs conversations à la fois s’il reste immobile sauf que la proximité liée à la capacité d’écoute ne dépend plus des contraintes de l’espace physique mais de celui, à la fois distendu et replié, des réseaux.

Textes et documents de référence
BELOFF Laura, BERGER Erich, PILCHMAIR martin, Seven Miles Boots, « Sieben Meilen Stiefel. Seitsemän Mailin Saappaat », in Timeshift, Die Welt in 25 Jahren, Catalogue Ars Electronica 2004.
[http://90.146.8.18/de/archives/festival_archive/festival_catalogs/festival_catalog.asp?iProjectID=12920]

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