Kate Armstrong

Kate Armstrong est artiste des nouveaux médias, écrivain et commissaire indépendante. Sa pratique interdisciplinaire croise les médias en réseau, les formes écrites et les expériences urbaines et interroge les formes expérimentales de narration ouverte qui rassemblent les fonctions poétiques et informatiques dans l’espace physique ou l’espace des réseaux.
Son travail se présente sous la forme de courts-métrages, écrits théoriques, net.art, performances en réseau, psychogéographie et installations.

Ping, 2003.

Kate Armstrong, Ping (Logo), 2003 Source :[http://katearmstrong.com/archive/ping/index.html]

Kate Armstrong, Ping (Logo), 2003
Source :[http://katearmstrong.com/archive/ping/index.html]

 
Situé au croisement entre la dérive situationniste et des usages des outils de télécommunication sans fil, Ping formalise le renouvellement du désir et de l’expérience urbaine en proposant à l’utilisateur de téléphone portable la perspective de nouveaux itinéraires. L’usager connecté au réseau Ping découvre d’autres manières de se diriger dans la ville en utilisant un système de menu auquel il accède par son téléphone portable. L’acte devenu banal de se déplacer en téléphonant fait l’objet d’un détournement qui stimule la communication entre le système et l’usager, et entre l’usager et l’environnement urbain dans lequel il évolue.
Ping est inspiré du protocole internet du même nom, qui envoie un signal à travers les lignes du réseau dans le but de vérifier la présence d’une machine sur le réseau. Une machine “ping” une autre machine : si la seconde machine retourne le signal, elle communique qu’elle existe et qu’elle est prête à recevoir d’autres informations. Kate Armstrong à interprété ce protocole de façon existentielle en utilisant le langage et un menu système de téléphone pour tester la présence ou l’absence d’existences (et leur humeur) sur le réseau Ping.
Lorsque le participant appelle le système, il entend d’abord une série d’instructions délivrant les informations de base du projet puis une voix féminine laconique qui peut dire : “stop. Regardez autour de vous dans le panorama urbain dans le but de noter brièvement s’il existe des zones d’ambiance. Quelle est votre relation avec votre environnement actuel ? Existez-vous? Appuyer sur 1 “to ping me”. “Bien”, continue la voix. “Localisez l’intersection la plus proche. Rapidement, sans analyse, décidez d’une direction dans laquelle vous aimeriez vous balader et commencez à le faire. Pendant que vous marchez, résistez héroïquement à l’incorporation du milieu dans lequel vous vous trouvez. Appuyez sur 1 si vous êtes prêts à recevoir d’autres informations. Appuyez sur 2 si vous êtes près d’un bureau de tabac. Appuyez sur 3 si vous voulez altérer l’algorithme courant.” Le participant peut décider de poursuivre son coup de fil pour une durée indéterminée ou choisir de raccrocher à n’importe quel moment.
Ping sort de l’enquête psychogéographique, qui s’intéresse à l’étude des effets de l’environnement sur la perception, les comportements, et l’humeur des individus pour tenter d’explorer l’interface entre des champs disparates comme la pensée situationniste qui s’intéresse à l’humeur subjective, la psychogéographie générative qui introduit des algorithmes comme un moyen de se déplacer dans l’espace urbain, l’existentialisme, et l’interpolation de la métaphore numérique sur les espaces physiques analogiques.

Textes et documents de référence
Kate Armstrong, A Psychogeographical Account of PING and the PsyGeoConflux, 2003
[http://wwwyear01.com/archive/forum/issue12/kate.html]

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