C5

Fondé en 1998, C5 est un groupe de recherche sur les modèles théoriques, l’analyse et les stratégies de mise en oeuvre des technologies de l’information. Le groupe se définit par sa double appartenance au monde de l’art, de la théorie et du commerce, et par sa volonté explicite de dépasser les frontières entre ces domaines.
C5 est composé de Joel Slayton (artiste, enseignant, écrivain et théoricien des arts numériques), Geri Wittig (artiste), qui interroge notamment le potentiel des organisations autopoiétiques de systèmes de données, Jake Ekenberg (artiste – sculpture, installation – et enseignant), Brett Stalbaum (enseignant, théoricien et artiste des réseaux) qui développe des travaux dans le domaine de l’esthétique des réseaux et de l’écriture d’algorithmes et interroge notamment le potentiel de l’usage de modèles informatiques autopoiétiques dans l’art, Lisa Jevbratt (artiste et enseignante) qui s’intéresse aux systèmes informatiques et aux réseaux en tant que données artistiques, à l’usage innovant des langages de programmation, aux structures organisationnelles, à l’exploitation de données et de Jack Toolin (artiste), perforer, photographe, peintre et vidéaste dont le travail aux dimensions humoristiques combine, dans une dimension humoristique, impact visuel et frénésie informationnelle.
[http://www.c5corp.com/]

The C5 Landscape Initiative, 2001 – 2006.

C5, The C5 Landscape Intiative, « Analogous Landscape » Vue de l’installation, SF Camerawork, San Francisco, 2005 Source :http://www.c5corp.com/venues/camerawork/index.shtml

C5, The C5 Landscape Intiative, « Analogous Landscape »
Vue de l’installation, SF Camerawork, San Francisco, 2005
Source :http://www.c5corp.com/venues/camerawork/index.shtml

Landscape Initiative se compose de trois projets qui exploitent selon des modalités distinctes les termes d’une problématique commune : comment notre perception/conception du paysage évolue-t-elle quand elle passe d’une esthétique de la représentation à une esthétique de l’interface et de la visualisation de données ?
Cette problématique se situe dans le contexte plus vaste de la production de bases de données qui informent et nous informent sur le paysage, de la façon dont elles modifient nos relations au paysages et de leurs implications sociales, politiques et économiques croissantes.
Ces projets, qui mettent en oeuvre à la fois la cartographie, la performance sous forme de randonnées/expéditions, la constitution de trajets et d’itinéraires et les GIS (Geographic Information System)/GPS (Global Positioning System), sont :
– « The Analogous Landscape: Rim of Fire »,
Le but de ce projet est de développer des techniques d’inférence pour les parcours sur des terrains aux caractéristiques similaires afin d’expérimenter la situation qui consiste à transposer des trajets par analogie sur d’autres terrains. Il prend la forme de performances-expéditions à grandes échelle qui se manifestent par l’ascension des Mt. Shasta et Whitney (les deux plus hauts sommets des Etats-Unis) et par l’ascension en simultané par deux équipes du Mt. Fuji (Japon) et du Mt. Lassen (Californie).
Les traces GPS de chaque voyage sont enregistrées grâce aux systèmes GPS et DEM (Digital Elevation Mapping) et les résultats sont exposés sous forme d’une installation interactive (modélisation des montagnes, données de repérage géographique et temporel du trajet reliées à des documents photographiques et video, interface).
– « The Perfect View »,
Ce projet se définit comme « une exploration du sublime » obtenue à partir de la contribution d’adeptes du geocaching à qui les membres du collectif ont demandé de leur indiquer des lieux qu’ils avaient trouvé “sublime” sous forme de coordonnées de latitude et de longitude qui deviennent les guides et les points de repère pour une expédition d’une longueur de 13000 mile (environ 20900 km) effectuée à moto sur 25 sites à travers 33 états par le membre de C5 Jack Toolin.
Le choix du sublime comme critère d’exploration saisit le paysage dans une perspective historique et désigne le regain d’intérêt qui se manifeste aujourd’hui à son égard comme une réaction à l’hégémonie de la technologie informatique et des espaces qu’elle génère et à l’ironie post moderne.
Chaque site est documenté à l’aide de photographies et exposé sous forme de panorama accompagné de sa situation cartographique et de ses coordonnées de latitude et de longitude.
– « The Other Path ».
Le but de « The Other Path » était de repérer de façon exacte le déploiement géographique de la Grande Muraille de Chine, site retenu pour ses implications historiques, culturelles et stratégiques significatives, puis d’utiliser des procédures de similitudes formelles dans le but de trouver un itinéraire similaire aux Etats-Unis.

C5 GPS Media Player a été développé en même temps que The Landscape Initiative. Il est l’interface visuelle d’accès et de lecture à la gigantesque base de données (données GPS + images numériques) constituée par le collectif pendant le projet. Il s’inscrit dans une trajectoire qui va de l’expérience personnelle et de la performance à la représentation sous forme de données de cette expérience et du contexte pour la comprendre.
L’application fournit la possibilité de parcourir chaque itinéraire, d’afficher les données GPS et les images qui leurs sont reliés, de retrouver des analyses comparatives classées par personnes, projet ou événement, de courtes descriptions des territoires traversés. Les différentes formes de données combinées sur le site web — depuis la documentation photographique jusqu’à la simulation — sont un reflet de la construction de la réalité et une ressource partagée qui invite à l’exploration des usagers.

Textes et documents de référence

PAUL Christiane, « Land Art for the Networked World, C5’s Landscape Initiative » in The C5 Landscape Initiative : Mapping New Groud, Camerawork vol. 32, n°1, Spring/Summer 2005.
STALBAUM Brett, Database Logic(s) and Landscape Art, C5 Landscape Projects Field Mediation, 12 janv. 2003
[http://www.c5corp.com/research/databaselogic.shtml]
STALBAUM Brett, The Landscape and Culture. Data as mediator, modes of engagement, C5 Landscape Projects Field Mediation, 12 janv. 2003
[http://www.c5corp.com/research/landscapeculture.shtml]

Quest For Success, 2006.

C5, Quest for Success, San Jose, 2006 Source :http://www.c5corp.com/projects/quest/photos.shtml

C5, Quest for Success, San Jose, 2006
Source :http://www.c5corp.com/projects/quest/photos.shtml

Quest For Succes est un jeu de stratégie situé dans la banlieue de San Jose qui questionne l’analyse, la gestion et les décision collaboratives en tant que compétences nécessaires pour réussir dans la Silicon Valley. Il prend la forme d’un parcours urbain orienté par des informations géolocalisées à propos de l’histoire de l’entreprenariat de San Jose, centre urbain de la Silicom Valley. Plus qu’une course, Quest For Succes est un défi personnel conçu pour comprendre l’instant et saisir l’opportunité.
Le but du jeu est de devenir remporter le concours organisé à cette occasion dont le prix est une résidence d’artiste offerte par le Don Lucas Artists Program au Montvaldo Arts Center en collaboration avec le groupe C5.
Les concurrents sélectionnés à l’issue d’un appel à participation doivent parcourir les rues de San Jose dans le but de localiser une limousine dans laquelle les attendent un panel d’experts venus pour écouter et évaluer leur projet. Pour remporter cette épreuve, il ne suffit pas seulement d’arriver le premier à la limousine, mais d’avoir récupéré suffisamment d’informations lors de son parcours dans la ville pour les articuler avec la présentation du projet. Pendant le jeu, les participants se déplacent dans un véhicule motorisé équipé d’un système GPS audio qui déclenche la lecture d’informations sur la ville qu’ils doivent intégrer de la façon la plus judicieuse et cohérente possible à la présentation de leur projet. La tactique consiste à concilier la rapidité du trajet et l’itinéraire qui permet de récupérer les informations les plus intéressantes en acceptant sans conditions le cynisme du jeu tout en étant capable de mettre en oeuvre des qualités d’écoute, de prise de décision, d’analyse et d’improvisation.
À l’issue de cette épreuve, trois finalistes sont sélectionnés pour l’étape suivante qui consiste à présenter à nouveau son projet devant un autre panel d’experts pendant la grande soirée de clôture du festival à l’issue de laquelle le gagnant est désigné.

Quest for Succes s’est déroulé pendant le Festival ZeroOne San Jose: a Global Festival of Art on the Edge, 8 – 13 août 2006. Lizabeth Rossof (USA) a remporté le concours.

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